Un bracelet pour transmettre en continu la température des patients aux médecins

Résultats scientifiques

Plus besoin de déranger un patient ou même d’être présent à l’hôpital pour prendre sa température, un bracelet mesure la chaleur corporelle grâce aux changements de couleur de ses matériaux. Azzedine Bousseksou, directeur de recherches au CNRS, membre de l’Académie des Sciences et directeur du Laboratoire de chimie de coordination (LCC, CNRS), présente cette innovation.

Comment fonctionne votre invention et à qui est-elle destinée ?

Elle se présente sous la forme d’un bracelet, dont la couleur change selon la température corporelle des patients suivis à l’hôpital qui les portent. Un système optique détecte ces nuances et en tire un signal électrique grâce à des courbes d’étalonnage. Ce courant donne la température exacte et la transmet à distance au personnel soignant. Les applications sont en effet médicales.

Un médecin peut ainsi se renseigner sur plusieurs de ses patients à la fois, sans devoir se déplacer. Comme la mesure s’effectue en continu, les praticiens n’ont pas non plus à déranger les malades, la nuit notamment.

 

Comment vos travaux de recherche ont-ils abouti à cette innovation ?

Au Laboratoire de chimie et de coordination, nous travaillons beaucoup sur les molécules commutables : des composés chimiques solides qui changent de propriétés physiques en fonction de certains stimuli. Nous synthétisons en particulier des molécules dont la couleur fluctue selon la chaleur. Le phénomène sous-jacent s’appelle la bistabilité moléculaire, qui peut d’ailleurs être impactée par d’autres paramètres, comme la lumière ou un courant électrique.

Nous travaillons à partir de composés inorganiques, auxquels nous ajoutons des complexes chimiques de différents métaux, dont le fer. Le choix des éléments impliqués et notre savoir-faire en synthèse nous permettent de concevoir des molécules qui varient en fonction de seuils précis. Dans le cas qui nous intéresse, nous avons obtenu un gradient de température autour de 37 degrés Celsius, soit la température normale du corps.

 

Quel a été l’apport du monde industriel et quelles sont les perspectives ?

Cette invention est née d’une collaboration entre mon équipe de recherche et l’entreprise EV Technologies. Cette dernière nous a tout particulièrement aidés sur les parties touchant à l’électronique et aux télécommunications. Notre dispositif a depuis été breveté, et nous travaillons ensemble à changer la fabrication d’échelle, avant la commercialisation.

Contact

Azzedine Bousseksou
Chercheur spécialiste du magnétisme et de la commutation moléculaires
Christophe Cartier dit Moulin
Chercheur à l'Institut parisien de chimie moléculaire & Chargé de mission pour la communication scientifique de l'INC
Anne-Valérie Ruzette
Chargée scientifique pour la communication - Institut de chimie du CNRS
Stéphanie Younès
Responsable Communication - Institut de chimie du CNRS