La leishmaniose cutanée traitée au moyen de nanoparticules multifonctionnelles

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La leishmaniose cutanée, causée par plusieurs espèces de parasites Leishmania, entraîne l’apparition de lésions localisées sur la peau et les muqueuses, pouvant conduire à des complications graves. Grâce à des nanoparticules polymères multifonctionnelles appliquées directement sur la lésion, des scientifiques de l’Institut Galien Paris Sud et du laboratoire BioCIS (CNRS/Université Paris-Sud) parviennent à guérir partiellement les lésions en accélérant la cicatrisation et en réduisant la charge parasitaire. Ces travaux, publiés dans ACS Applied Bio Materials, présentent un moyen efficace et non-invasif de traiter la leishmaniose cutanée.

Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé, plus d’un million de nouveaux cas de leishmaniose cutanée sont déclarés chaque année à travers le monde. Sans traitement, la lésion due à un parasite peut guérir au prix de cicatrices profondes et d’une altération de la pigmentation. Mais les substances actives utilisées dans les traitements actuels entraînent des réactions indésirables sévères. Des scientifiques de l’Institut Galien Paris Sud et du laboratoire BioCIS (CNRS/Université Paris-Sud) ont eu l’idée de mettre à profit les propriétés multifonctionnelles de nanoparticules polymères pour concevoir un nouveau traitement sans substance active.

Grâce à leur petite taille et leur caractère amphiphile, ces nanoparticules1 se diffusent à travers la peau infectée et sont capturées par les cellules infectées par les parasites. Les travaux expérimentaux ont révélé qu’elles étaient actives contre toutes les formes de Leishmania major et sur des macrophages infectés par des parasites. Ces nanoparticules ont permis une cicatrisation de la lésion sur des souris infectées et une réduction significative de la charge parasitaire. Ces travaux ouvrent la voie au développement de médicaments plus efficaces et mieux tolérés que les traitements actuels contre la leishmaniose cutanée et d’autres infections parasitaires.

  • 1. Composées de poly(isobutylcyanoacrylates) recouverts de chitosane. Le chitosane, situé à la surface des nanoparticules, possède des propriétés cicatrisantes, alors que l’activité antileishmanienne est apportée par le poly(isobutylcyanoacrylate).
©Kawthar Bouchemal

Références

Sophia Malli, Sebastien Pomel, Yasmine Ayadi, Claudine Deloménie, Antonio Da Costa, Philippe M. Loiseau, Kawthar Bouchemal
Topically Applied Chitosan-Coated Poly(isobutylcyanoacrylate) Nanoparticles Are Active Against Cutaneous Leishmaniasis by Accelerating Lesion Healing and Reducing the Parasitic Load

ACS Appl. Bio MaterMai 2019
DOI: 10.1021/acsabm.9b00263

Contact

Kawthar Bouchemal
Chercheuse (IGPS UMR8612)
Stéphanie Younès
Responsable Communication
Christophe Cartier dit Moulin
INC & Institut parisien de chimie moléculaire
Sophie Félix
Chargée de communication